Alors que l’on commémore le quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Union européenne continue inlassablement à vouloir lui imposer des sanctions
Soyons clair : ce qui suit n’est certainement pas une absolution de cette agression mais simplement une mise en perspective de politiques nuisibles aux intérêts et à la santé des Européens.
Dès que les premières sanctions ont été décidées, nous avions prévu qu’elles nuiraient au moins autant à l’Union européenne qu’à la Russie(1). Comme l’avait souligné l’ancien directeur général du FMI, Jacques de Larosière(2).
Selon des documents d’Eurostat (donc tout à fait officiels), les faits nous donnent malheureusement raison. De début 2021 à fin 2025, le nombre de faillites dans l’UE a quasiment doublé ! Pendant le même temps, le nombre de créations d’entreprise a à peine crû de 10%. Cette hémorragie est principalement due à l’augmentation du coût de l’énergie qui a non seulement impacté le pouvoir d’achat des citoyens mais encore plus les coûts de production des entreprises. Ceci parce que l’on ne voulait plus acheter des gaz et pétrole russes. Mais aussi à cause des investissements malheureux dans les énergies renouvelables. Aujourd’hui, suite d’abord à la disparitions des livraisons russes et ensuite aux pressions de Donald Trump, l’UE est obligée de se fournir très largement aux Etats-Unis, au double du prix d’avant les sanctions. Et même si demain les relations avec la Russie devaient s’améliorer, il serait difficile de reprendre rapidement les livraisons russes du fait du sabotage du gazoduc North Stream par les Ukrainiens.
Des sanctions au Green Deal
Si les sanctions contre la Russie ont lourdement impacté l’économie européenne, elles ne sont pas la seule cause de cette déroute économique. D’autres facteurs ont lourdement pesé. D’abord, le catastrophique Green Deal qui a, lui aussi, entraîné une augmentation des coûts de l’énergie, du fait de l’utilisation d’un éolien coûteux et peu fiable, comme on a pu le constater lors de la panne généralisée en Espagne. En même temps, le Green Deal a, comme nous l’avions aussi prévu(3), largement ouvert le marché européen à la Chine au détriment de ses entreprises. Ravageant notamment l’industrie automobile. Et ce ne sont pas les légers allègements acceptés il y a quelques semaines qui vont changer les choses.

Ne pas oublier les confinements
Le troisième facteur qui a lourdement impacté l’économie européenne est les confinements durant la crise du Covid. Ils ont non seulement augmenté considérablement le nombre de décès, comme le montrent les chiffres de l’OMS (pourtant favorable aux confinements) mais réduit les productions, désorganisé toutes les chaînes logistiques et augmenté les endettements des états.

L’UE s’isole
Au plan géopolitique, il apparaît de plus en plus que les sanctions prises par l’UE l’a isolée dans le monde. Faisant apparaître les Européens comme des Don Quichotte irrationnels et comme des néo-colonialistes qui veulent imposer leur idéologie (Ukraine, environnement, «valeurs», monnaie, etc.). En effet, la Russie peut compter sur l’appui de la Chine et de la Corée du Nord, la neutralité bienveillante (et intéressée) de l’Inde et de la plupart des pays d’Asie, à exception du Japon et de la Corée du Sud. En Afrique, notamment dans les anciennes colonies françaises, de nombreux pays ont basculé dans les camps russe et/ou chinois. Comme on a pu le constater en Centrafrique, au Burkina Faso, au Mali, en Guinée, etc. Là, en grande partie à cause des foucades d’Emmanuel Macron qui n’a pas eu la prudence de poursuivre la sage politique africaine de ses prédécesseurs, qu’ils fussent de gauche ou de droite.

Quant à l’argument «moral» pour justifier le soutien inconditionnel à l’Ukraine et les sanctions contre la Russie, il devient risible de la part de gens qui n’ont rien fait et ne font rien pour déloger les Turcs de la partie Nord de Chypre (membre de l’UE) qu’ils occupent depuis 52 ans. Et où ils se livrent à des déplacements réguliers de populations au détriment des Cypriotes et des chrétiens orthodoxes, en particulier.
Les chars russes à Lisbonne ?
Quant à une éventuelle menace russe à l’égard de l’ Europe occidentale, elle paraît quand même limitée quand on constate les difficultés que rencontrent les troupes de Moscou à franchir le Dniepr... «Ce n’est pas demain que les chars russes défileront dans les rues de Lisbonne», comme l’a souligné avec humour le philosophe (et ancien ministre) Luc Ferry. De plus, dans l’hypothèse d’un réel danger russe, il était tout à fait irresponsable de vider nos arsenaux en faveur de l’Ukraine. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas se réarmer. C’est une élémentaire prudence. Mais il ne faut pas perdre de vue que la construction ou l’extension d’usines d’armement n’est pas un Lego. Cela demande beaucoup de temps et d’argent. Dès lors, vider ses arsenaux quand on est très loin de pouvoir les réapprovisionner rapidement n’était pas raisonnable.
Enfin, pourquoi s’endetter à hauteur de 90 milliards € pour soutenir le régime corrompu de Kiev ? Combien de milliards vont-ils être détournés pour le plus grand bonheur des oligarques ukrainiens ? Et ce sont les contribuables européens qui devront rembourser cette somme astronomique.

Un tout récent sondage IPSOS vient de montrer un revirement de l’opinion française. Aujourd’hui et pour la première fois, 53% des Français ne soutiennent plus les livraisons d’armes à l’Ukraine. C’est une mutation remarquable dans la mesure où la propagande pro-ukrainienne tourne à plein et que les défenseurs du bon sens sont réduits au silence.
La lumière au bout du tunnel ?
Jacques Offergeld
(1) De l’OTAN ou de la Russie, laquelle est la plus isolée ?
(2) L'ancien président du FMI : «Ces sanctions risquent d’atteindre les «sanctionneurs» plus que les sanctionnés»
(3) UE : Brexit et scandale du green deal






