L’information avait été étouffée malgré les enquêtes qui le prouvaient largement : le sabotage du gazoduc North Stream est bien une agression des Ukrainiens contre les Européens. Aujourd’hui, c’est officiel : un tribunal allemand a inculpé l’officier ukrainien qui a commandé les hommes qui ont effectué ce sabotage gravement nuisible aux intérêts européens et allemands, en particulier

Comme l’information peut parfois se révéler facétieuse, on observera que cette inculpation est survenue au lendemain de l’attribution à l’Ukraine du titre de «security contributor» par l’OTAN, lors de son sommet d’Istanbul. Attribuer un label de sécurité et de reconnaissance à un pays qui a saboté votre économie, est pour le moins surprenant.
Une odeur d’assassinat de Kennedy
A ce qui précède, on pourrait peut-être ajouter un prix de sécurité publique.
Dans la mesure où l’assassinat de la femme soupçonnée d’avoir perpétré l’attentat de Monaco contre un oligarque cypriote d’origine ukrainienne fait curieusement penser au sort réservé à Lee Harvey Oswald après l’assassinat de Kennedy, là encore, parler de sécurité en ce qui concerne l’Ukraine étonne quelque peu.
Démocratie à géométrie variable
Quant au fait même de tenir un sommet de l’OTAN à Istanbul, il montre combien le souci de la démocratie des dirigeants de l’OTAN est à géométrie variable. Leur hôte fait jeter ses opposants en prison, ne rêve que de reconstruire l’empire ottoman et fait bon accueil aux terroristes du Hamas, mais cela ne les dérange pas. Sans oublier les menaces que profère régulièrement Ankara à l’encontre d’Athènes et de Nicosie.
Indécence totale
Mais le comble de l’indécence vient du fait que les dirigeants de l’OTAN reçoivent en grandes pompes Volodimir Zelensky qui, soit en passant, n’a plus aucune légitimité démocratique. Ceci parce que son pays est agressé et partiellement occupé par la Russie. Ce qui est incontestable. Mais rappelons néanmoins qu’à ce jour, l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN et n’avait donc rien à faire à cette réunion. En revanche, que la Turquie, pays hôte, occupe depuis 52 ans le nord de Chypre, y ait déplacé des populations, expulsé les habitants et persécuté les chrétiens ne les dérange nullement. Vous avez dit «deux poids et deux mesures»...
Quand le néo-nazisme est financé
Enfin, voir les dirigeants européens, si sourcilleux au moindre supposé dérapage d’extrême droite chez eux, soutenir à coup de dizaines de milliards d’euros un régime qui porte sans état d’âme les néo-nazis au pinacle, est quand même curieux. Pour mémoire, le principal boulevard de Kiev est dédicacé à Anton Bandera. Dont les statues et les rues se multiplient dans le pays. Le CV de ce personnage est intéressant.
Dès 1934, il fait partie du complot qui assassine le ministre polonais Bronislaw Pieracki. En 1941, dès l’arrivée des troupes allemandes et avant même que les nazis aient entamé la «solution finale», il organise des pogroms et fait assassiner des milliers de Juifs. En 1943, il fait massacrer plus de 100.000 Polonais de Volhynie. Comme si cela ne suffisait, Zelensky lui-même a fait donner à une de ses unités le nom de l’UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne) avec un hommage appuyé à Andrij Melnik, autre criminel de guerre ukrainien, grand massacreur de Juifs et de Polonais. Ce qui a d’ailleurs créé des tensions entre Kiev et Varsovie.
Enfin le bataillon Azov (1), aujourd’hui intégré dans l’armée ukrainienne, était à l’origine une milice néo-nazie qui, dès 2014, s’était fait connaître pour ses crimes, viols et rapines à l’encontre des populations russophones du Donbass.
Malgré tous ces éléments, force est de constater que les Européens veulent accorder une «rallonge» de 70 milliards d’euros aux 90 milliards déjà accordés à fonds perdus à l’Ukraine.
Nos enfants et petits-enfants n’ont pas fini de payer le soutien à un régime corrompu qui a délibérément porté atteinte à nos intérêts énergétiques et stratégiques majeurs. Est-ce bien raisonnable ???
Jacques Offergeld
(1) L’insigne du bataillon Azov ressemble trait pour trait à celui de Division SS Das Reich, rendue tristement célèbre par l’assassinant d’Oradour où 642 civils dont 200 enfants ont été assassinés. Le choix de certaines références est éloquent. (Photo : Wikipedia)






